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Archéologie mexicaine, Epiclassique, Guerrero, Rituels

Une chambre funéraire de l’épiclassique découverte à Chicalachapa, Guerrero

Le petit village de Chilacachapa devait tribut à l’empire mexica. Situé sur la municipalité de Cuetzala de Progreso, dans l’état de Guerrero, Chilacachapa gardait un secret qui a récemment été révélé au public. Suite à un appel d’habitants, une équipe d’archéologues dirigée par Edgar Pineda Santa Cruz a été envoyé pour fouiller une pièce dont un des murs menaçait de tomber.Une cavité rempli de décombres fut ainsi localisée. Une fois les décombres enlevés, les archéologues se sont retrouvés face à l’entrée d’une crypte souterraine datant d’il y a 1500 ans.

Afin de protéger le contexte archéologique et la stratigraphie de la chambre, ils ont préféré percer une des parois de la crypte. C’est en procédant à l’enregistrement stratigraphique que les archéologues ont compris que le ou les corps qui avaient été déposés à l’Epiclassique ont été soustraits au Postclassique, probablement au moment de l’occupation mexica.

Selon Pineda Santa Cruz, cette tombe fut préparée probablement par un groupe de filiation chontal avant d’être profanée par l’occupant mexica, avec la possible intention de légitimer leur pouvoir sur cette communauté. Elle fut utilisée à deux reprises si on prend en compte la présence de deux sols différents : le plus ancien en argile cuite, le second en stuc grossièrement préparé. C’est dans ce dernier que fut préparée une cavité de 30 cm, de diamètre pour 40 de profondeur. Des restes de charbon et une jarre fragmentée y ont été retrouvés.

Il est d’ailleurs surprenant de voir que les profanateurs s’en sont pris principalement au squelette, même s’il est probable que les pièces les plus intéressantes ont été retirées lors de la profanation. A chaque extrémité de la pièce, des encensoirs et deux vaisselles à visage humain avaient été déposées. Le reste du mobilier funéraire comportait les éléments suivants : un anneau en nacre, de petits disques en coquillage, une perle en pierre verte, des os de canidés et d’oiseaux, de la céramique de style teotihuacain.

L’archéologue Antonio Hermosillo Worley revient sur les circonstances de la profanation de la tombe. Selon lui, une fois le squelette retiré, la tombe fut de nouveau couverte de pierres et de terre et fut rituellement brûlée comme c’était l’usage en cas d’invasion et de victoire sur une communauté. Qui plus est, des lames en obsidienne grise et des poinçons en os, qui n’ont rien à voir avec ce contexte rituel, semblent être les vestiges de la présence postérieure d’individus dans cette tombe.

L’architecture de la tombe est d’ailleurs remarquable. Haute de 2,5 m, elle a une forme rectangulaire ( 2 m de large pour 3,7 de long). Sa voûte, formée de pierres taillées plates et superposées, n’est pas sans rappeler la fameuse voûte maya en V inversé.

L’INAH propose également sur sa chaîne Youtube un reportage qui reprend les différents éléments que nous venons de résumer.

Enfin un diaporama des fouilles est également disponible sur le site de l’INAH et complète la note publiée par cette institution.

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