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Archéologie mexicaine, Chalcatzingo, Mayas, Mexicas, Morelos, Mots, Quintana Roo, Templo Mayor, Yucatan

Arqueología Mexicana 111

Le dernier numéro de la revue de divulgation publiée par l’INAH est disponible depuis quelques jours en kiosque et supermarchés au Mexique. Au programme ce mois-ci, les rebellions indigènes. Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, la page internet de la revue n’avait pas été encore actualisée.

Commençons notre lecture par le dossier central de ce mois. Le thème proposé tient autant de l’anthropologie sociale que de l’ethnohistoire ou de l’histoire tout simplement. Les sept papiers offrent une large revue, diachroniquement et géographiquement parlant, des différents conflits qui ont opposé occupants et populations soumises depuis l’époque préhispanique jusqu’à nos jours.

Carlos Santamarina Novillo revient sur la rébellion fomentée par plusieurs seigneurs mexicas contre le joug de la puissante cité tépanèque d’Azcapotzalco. Ce judicieux rappelle permet de voir comment les Mexicas passèrent d’une situation de tributaire à celle de demandeurs de tributs. L’article de la chercheuse aéricaine Frances Berdan constitue d’ailleurs le pendant parfait au travail de Santamarina : elle y explique comment les Mexicas ont dû gérer continuellement les rébellions qui mettaient à mal leur autorité dans leur empire. Eduardo Matos Moctezuma ferme la boucle en évoquant les mouvements rebelles mexicas contre l’envahisseur espagnol et le triste destin de Cuauhtemoc.

L’historien Bernardo García Martínez propose un article dépaysant et peu commenté des chroniques de la Nouvelle Espagne : la rébellion du Nouveau Mexique entre 1680 et 1692 montre les limites militaires et économiques du colon espagnol à contrôler un territoire immense, situé à plus de mille kilomètres de la ville de Chihuhua.

Les Mayas ont continuellement montré, au même titre que les Yaquis, qu’ils avaient été une des populations les moins enclines à accepter la domination de l’autorité espagnole ou du gouvernement fédéral. Mario Humbero Ruiz revient rapidement sur les principaux mouvements mayas armés qui ont mis à mal l’autorité entre le siège de Valladolid en 1546, la défaite de la Vierge de Cancuc en 1712 et le soulèvement organisé par Jacinto Uc, dit Canek, en 1761. La Guerre des Castes (1847-1851) symbolise bien la soumission perpétuelle des tribus indigènes aux descendants espagnols, en dépit de l’indépendance du Mexique. María del Carmen Valverde Valdés montre que ce soulèvement était plus une « série de mouvements formant partie d’un processus de résistance active ».

Un constat similaire peut être dressé après la lecture de la publication de Marco Estrada Saavedra sur le soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994. Formé par des volontaires tzeltal, tzotzil, chol et tojolabal, il repose plus sur une pensée marxiste que sur les idées d’Emiliano Zapata. Mais elle mettent clairement en exergue le droit des populations indigènes à l’autodétermination. Les lois votées en 2001 et 2003 ont permis un désarmement progressif mais incomplet, certains responsables zapatistes préférant utiliser la négociation et la pression populaire pour obtenir leur autonomie.

On notera le long article présentant la découverte des monuments 2 et 41 sur le site morelense de Chalcatzingo, fortement marqué par le style olmèque de la côte. Nous vous avions proposé une note sur le sujet il y a deux mois. Rédigé à six mains par Olga González, Mario Cordova et Gilberto Buitrago, cet article a le mérite de contextualiser la découverte ou redécouverte fortuite des deux monolithes surnommés respectivement « Danse de la fertilité » et « Triade des félins ».

On appréciera également l’article proposé par les López, père et fils, sur le coatepantli , véritable serpent de mer de l’archéologie à Tenochtitlan. Une mise au point judicieuse s’appuyant autant sur les données archéologiques que sur les sources ethnohistoriques établit que le seul coatepantli visible au Templo Mayor était formé par les différents serpents disposés autour ou sur la pyramide double, et non un mur de serpents ceignant le centre cérémoniel de Tenochtitlan.

Que dire ensuite de la trop courte présentation de la gastronomie otomie ou hñähñü par Edith Yesenia Sánchez : surprenante pour les palais occidentaux délicats, elle repose sur une transmission séculaire des traditions préhispaniques d’observation de la nature et de la manière de s’en accommoder. Le lecteur a même le plaisir de disposer de quelques recettes, pour peu qu’on trouve les ingrédients et le courage à manger oeufs de fourmi, vers rouges du nopal, écureuil, coyote, aigle, sarigue ou xincoyote.

Dans la série, histoire des codex mexicains, Manuel Hermann Lejarazu revient sur les tribulations du Codex Huichapan et les efforts d’Alfonso Caso pour le rapatrier au Mexique. De son côté, le philologue Xavier Noguez nous présente le Mapa de Sigüenza et plus particulièrement la section de la défaite de Chapultepec.

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