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Archéologie mexicaine, Architecture, Classique, Puebla, Santo Nombre, Teotihuacan

Avancée des fouilles à Santo Nombre, Puebla

Les fouilles et les travaux de consolidation vont bon train sur le site poblano de Santo Nombre. En février dernier, nous évoquions cet endroit, situé sur la municipalité de Tlacotepec de Benito Juárez, au nord de la ville de Tehuacan.

http://maps.google.fr/maps/ms?t=h&hl=fr&ie=UTF8&msa=0&msid=218015505785608047757.00046b058fa74079620d8&ll=18.630437,-97.716919&spn=0.00305,0.003219&z=17&output=embed
Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande

L’équipe dirigée par l’archéologue Blas Castellon Huerta a récemment présenté les avancées réalisées tout au long de cette année. Il en ressort que Santo Nombre avait une architecture passablement influencée par le style teotihuacain de talus-tablier. C’est ce que les chercheurs ont déduit en observant les Pyramides des Coquillages et des Clochettes, les deux structures au menu de cette longue année. En 2009, deux autres monticules, hauts de 7 mètres, avaient scrupuleusement étudiés et restaurés (Structure sud et Maison du Nahual). Ils sont situés à l’ouest et à l’est de la Place du Grand Autel. Un troisième monticule sera exploré l’année prochaine. Cet endroit a été appelé ainsi en raison de l’énorme monolithe haut de 5 m qui ferme l’ensemble.

La Pyramide des Coquillages mesure 7 mètres de haut tandis que celle des Clochettes s’élève à 14 mètres. Située à l’est de la Place du Grand, la première fut nommée ainsi en raison de la présence de deux coquillages géants. Ce n’est pas par leurs dimensions que ces pyramides peuvent être comparées à celles de Teotihuacan : la seule Pyramide du Soleil possède quatre côtés d’environ 240 m de long et une hauteur de 63 m. C’est leur style qui rappelle celui utilisé dans l’ancienne grande ville du Haut-plateau central. Les rampes d’escaliers, le système de talus-tablier, les moulures sont en effet très semblable à celle de Teotihuacan (ill.1).

Rappelons que Santo Nombre occupait une position stratégique de premier plan puisqu’il était situé à la croisée de chemins venant de la côte de l’actuel Veracruz, de la côte d’Oaxaca et du centre du pays entre 400 avant Jésus-Christ et 700 de notre ère. Santo Nombre est constitué de 25 bâtiments, un terrain de jeu de balle et cinq places, dont deux cachées. Santo Nombre se démarque par la présence d’un jeu de balle, type de structure semble-t-il inconnu à Teotihuacan.

Ill. 1, Pyramide des Clochettes,
Santo Nombre, Puebla, Classique.
Photo : INAH, disponible le 21/12/2010 sur : http://goo.gl/xs6H7
Sur la Place centrale, l’équipe de fouilleurs et de restaurateurs a concentré ses efforts sur la Pyramide des Clochettes, nommé ainsi en raison de la présence de 60 clochettes retrouvées sur les chevilles d’un jeune homme enterré à mi-hauteur de la structure. Castellon Huerta précise qu’une pièce de jade avait été retrouvée à la hauteur de sa trachée : cela doit nous rappeler l’ancienne tradition mésoaméricaine de placer ce type d’artefact pour faciliter le voyage d’un défunt vers l’inframonde. La Pyramide des Clochettes se caractérise par deux escaliers (est et ouest) et la présence de plusieurs épines carbonisée de maguey et de petites boîtes en céramique, probablement utilisées lors de rituels d’autosacrifices.

Il semblerait d’ailleurs que l’incinération ait souvent été utilisée si on considère le nombre et la variété d’objets ayant connu ce traitement. Des poinçons d’obsidienne, des os taillés, des pendentifs, des sculptures en pierre des pièces en céramique noire ou orange, des ossements de rapaces et de grands félins, coquillages, de la nacre, des fragments de figurines en céramique ou en pierre et un brasero font partie du catalogue de mobilier mis au jour par les archéologues.

Ce ne sont pas moins de mille petites boîtes en céramique qui témoignent de l’alimentation des anciens habitants de Santo Nombre : à l’intérieur de certaines, on a pu retrouver des restes de maïs, d’haricots, de courges, de piments et de cacao. Cependant les fouilleurs n’excluent pas qu’elles aient servi à recueillir le sang des autosacrifices. Patricia Delgado et Hugo Huerta, membres du projet, estiment que tout ce mobilier incinéré servait à clôre la construction de l’édifice. Il n’est pas rare de rencontrer ce type d’offrandes dans d’autres parties de la Mésoamérique. Teotihuacan en est un exemple encore plus grandiloquent.

Ce n’est pas la première fois que nous évoquons la présence teotihuacaine dans d’autres parties du pays:  El Rosario dans l’état de Querétaro en est un autre bon exemple.

Vous pouvez consulter le diaporama complet de Santo  Nombre est visible en cliquant ici. Pensez à jeter un œil sur le carnet créé pour ce projet. Dommage qu’il ne soit pas mis à jour plus régulièrement. En février dernier, l’INAH avait proposé la petite vidéo suivante sur Youtube.

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