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Anthropologie, Lanterne magique, Mots, Nezahualcoyotl, Philosophie

Les sources mexicaines de la pensée cartésienne

Un de mes anciens élèves et assidu lecteur de ce carnet a partagé une paire de vidéos disponibles sur Youtube. On y voit la journaliste mexicaine Carmen Aristegui s’entretenir avec Enrique Dussel, philosophe argentin et professeur à l’Universidad Autonoma de México (UAM).

Co-auteur d’El pensamiento filosofico latinoamericano, del Caribe y latino [1300-2000], Dessel part en brèche contre l’idée couramment répandue de l’absence d’une philosophie latinoaméricaine propre. Il défend l’hypothèse de principes et de théories philosophiques semblables à celles d’auteurs européens comme Hobbes ou Descartes, mais souvent antérieures et originaires de lieux inattendus.

Dessel prend notamment l’exemple de Descartes, élève du collège jésuite de la Flèche, et étudia le cours de logique mexicaine publié par Antonio Rubio, jésuite mexicain. envoyé en Espagne. D’autre part, il inclut logiquement et justement Nezahualcoyotl, roi-poète et philosophe. Ce dernier se rapprochait du grec Parménide mais se distinguait par son mysticisme. Dessel revient aussi sur la retraite et la longue réflexion de Moctezuma avant sa rencontre avec Cortés.

L’autre élément que je retiens est en relation directe avec la conférence récemment proposée au Museo de Historia Mexicana où nous avons défendu l’influence de la France (culturellement, philosophique, politiquement, structurellement). Il est bien connu que le Porfiriat, ces trente longues années de pouvoir autocratique du général Porfirio Diaz, fut marqué par la philosophie positiviste d’Auguste Comte. Dessel surprend le téléspectateur en insistant sur une appropriation de cette philosophie et non pas sa stricte application : « le positivisme mexicain est différent du positivisme français parce qu’il n’avait pas le même objectif ».

Je n’ai malheureusement pas encore lu cet ouvrage mais comme le dit Carmen Aristegui, le fait que cet ouvrage crée la polémique est une indication à double tranchant. Néanmoins l’ouvrage est biaisée par la prise en compte et la valorisation de la pensée marxiste : Evo Morales, Fidel Castro et même Hugo Chavez sont présentées comme des penseurs. On éviter l’affront de les présenter comme philosophes. Néanmoins il est dommage que cet axe d’analyse ne puisse pas être compensé par la présentation de penseurs conservateurs.

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