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Nezahualcoyotl, Postclassique

Le billet de 100 pesos subit un petit lifting

Après Gruma et Adidas en juin dernier, Banxico a récemment remis au goût du jour l’attrait pour le passé préhispanique du Mexique dans la publicité. Il faut dire que le billet de 100 pesos est l’un des deux derniers (avec celui de 500 pesos) à ne pas être encore passé au plastique et aux dernières mesures de sécurités antifaussaires.
Le billet de 100 pesos est le seul à reprendre clairement différents éléments iconographiques préhispaniques.
Nouveau billet de 100 pesos avec le visage de Nezahualcoyotl,
Image retrouvée le 24 août 2010 sur :
http://www.banxico.org.mx/billetes-y-monedas/informacion-general/billetes-y-monedas-de-fabricacion-actual/images/100/seg_bill_100.jpg .
Il y a d’abord ces vers imprimés en toute petite taille et écrits par le roi-poète de Texcoco :
« J’aime le chant de l’oiseau aux quatre cents voix,
J’aime la couleur du jade et le parfum enivrant des fleurs,
Mais j’aime plus mon frère l’homme ».
On peut les entendre en nahuatl dans la publicité visible sur les différentes chaînes mexicaines. On peut aussi retrouver le glyphe de Nezalhualcoyotl et la représentation d’un aqueduc au centre cérémoniel de Mexico-Tenochtitlan.
Nezahualcoyotl,
Codex Ixtlilxochitl, fol. 106 r°,
Photo retrouvée le 24 août 2010 sur : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dc/ImgNezahualcoyotll.jpg
De l’autre côté du billet, on dit adieu à la sculpture de Xochipilli et on peut deviner celle représentant un coyote emplumé avec le Templo Mayor de Tenochtitlan en arrière-plan.

La ressortie de ce billet est l’occasion d’évoquer un peu cette figure incontournable et fascinante qu’était Nezahualcoyotl. Encore aujourd’hui, il jouit d’une aura particulière, tant auprès des historiens du Mexique ancien que des poètes. Nezahualcoyotl est issu d’une vieille dynastie royale d’origine tépanèque. Présenté par son descendant direct Ixtlilxochitl comme le dirigeant « le plus puissant, le plus vaillant, le plus sage […] qu’il y eut en ce Nouveau Monde ». On lui attribut la mise par écrits des lois orales qui régissaient la ville, la construction de nombreux temples, jardins et monuments consacrés aux dieux. Comme beaucoup de dirigeants, il a cependant autant d’aspects sombres. On le soupçonne d’avoir fait le mari d’une de ses maîtresses pour rester avec elle.

Les informations proposés par Ixtlilxochitl sont-elles pour autant dignes de confiance ? L’idée d’inclure Nezahualcoyotl dans sa généalogie n’est pas innocente, quand il s’agit d’un fait réel. La période de la Colonia a provoqué beaucoup d’appétit de la part des conquérants espagnols. Un métisse comme Ixtlilxochitl cherchait à justifier des terres qui avaient appartenu à de prestigieux ancêtres.

Références bibliographiques :
de Alva Cortés Ixtlilxochitl, Fernando. 1891-1892. Obras históricas, Mexico.
de Alva Cortés ixtlilxochitl, Fernando. 1838. Cruautés horribles des conquérants du Mexique. Arthus Bertrand, Paris.
Edmundo O’Gorman (éd.). 2007. Nezahualcóyotl Acolmiztli (1402-1472). Fernando de Alva Ixtlixóchitl : selección de textos y prólogo, Biblioteca Nezahualcóyotl, Instituto Mexiquense de Cultura, Toluca.

Vous pouvez également un petit documentaire biographique, réalisé par l’INAH en 2002, et visible en 3 parties sur Youtube.

Bon visionnage !

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