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Lambityeco, Oaxaca, Restauration, Rites, Sculpture, Zapotèques

Restauration d’un relief peint à Lambityeco

Après tant d’informations sur les Mayas, parlons des Zapotèques qui ont vécu dans l’état de Oaxaca au début de notre ère. Nous avons déjà eu quelques occasions de vous parler de Monte Alban, site archéologique classé au patrimoine mondiale de l’humanité. Nous avons effleuré Mitla la Mixtèque dans une paire de notes. Mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de présenter le site de Lambityeco situé entre les deux autres sites et à cinq kilomètres de Yagul.

Les Zapotèques continuent d’être mal connus : d’une part parce que l’INAH préfère favoriser les Mexicas et les Mayas, d’autre part parce que les chercheurs sont confrontés à un casse-tête pour comprendre cette civilisation mésoaméricaine à part entière, et pourtant distincte de ses deux prestigieuses cousines. Les Zapotèques ne nous ont laissé aucune chronique ni autant de glyphes, si bien que nos interprétations reposent essentiellement sur le patrimoine archéologique qui est parvenu jusqu’à nous.

Lambityeco, dont l’étymologie prête toujours à confusion, a été fouillée entre 1961 et 1976 par l’archéologue américain John D. Pollock (sans relation avec le fameux peintre homonyme). Atteignant une superficie de 117 hectares, Lambityeco fut occupé pendant près de 1400 ans, depuis le Préclassique ancien (700 avant Jésus Christ) jusque au Classique tardif (vers 750 de notre ère).

http://maps.google.com/maps/ms?ie=UTF8&hl=fr&t=h&msa=0&msid=103540019620091536911.00046b058fa74079620d8&ll=16.971746,-96.492024&spn=0.001539,0.001609&z=18&output=embed

Contemporaine de Monte Alban, il est possible que Lambityeco ait été une chèferie importante de la région pour au moins deux raisons. La première est sa fonction : les fouilles de Pollock ont montré que la cité produisait, stockait et vendait du sel pour une très grande partie de la vallée d’Oaxaca. Par conséquent les revenus générés lui permettait de payer les artistes et artisans qui ont préparé les tombes de ses dirigeant(e)s.

Car c’est là où nous souhaitons en venir. A la différence d’autres peuples qui pratiquaient l’enterrement en position foetale (Teotihuacan) ou verticale (Cantona dans l’état de Puebla), les Zapotèques préféraient déposer leurs moments dans des tombes préalablement préparées (stuquées et peintes). Le corps était déposé sur le dos. Ce modus operandi a d’ailleurs permis d’identifier la présence d’un quartier zapotèque à Teotihuacan.

Les monticules (particulièrement la tombe 7) de Monte Alban ont révélé des trésors dignes de Toutankhamon, révélés au monde grâce à la persévérance d’Alfonso Caso et de ses collaborateurs au milieu du siècle dernier. Les tombes de Mitla sont connues pour être situées sous les principaux édicules de la cité, autour de cours ouvertes. Mais elles sont postérieures à Lambityeco et appartiennennt plus à la culture mixtèque.

Lambityeco n’échappe à la règle. Mais elle se démarque par la richesse et la vie qui émanent des reliefs ornant les tombes. Lors des campagnes de fouilles de Pollock, trois tombes et quelques bâtiments résidentiels ont été découverts, fouillés et restaurés. Dans les deux cas, les archéologues considèrent que leurs « propriétaires » avaient certainement appartenu à l’élite dirigeante de la ville. C’est notamment le cas de la tombe 6 qui a fait  l’objet d’une consolidation de ses parois externes et une restauration de ces reliefs stuqués. La tombe 6 a apparemment été construite il y a 1300 ans.

Les archéologues et restaurateurs du Corredor Arqueologico de la Valle de Oaxaca ont  réutilisé les méthodes et les matériaux originaux : paille et argile et jus de citron pour consolider les murs. Et puis ils ont percé un petit puits qui permet l’évacuation de l’humidité. En ce qui concerne les stucs représentant le seigneur 1 Tremblement de terre et son épouse 10 Roseau sous des traits vieillis, on a procédé de la même manière : on a rempoté avec de l’argile et les reliefs ont été consolidés avec du jus de cactus.

Reliefs en stuc peint représentant 1 Tremblement de terre et 10 Roseau.
Classique tardif, Lambityeco, Oaxaca.
Photo de HJPD, retrouvée le 8 mai 2009 sur 

Il convient de mentionner que le Temple dit de « Cocijo », divinité lié au vent, à la foudre, à la pluie et équivalent d’un Ehécatl-Tlaloc mexica, a d’ailleurs lui aussi subi une profonde restauration l’année dernière.

Templo de Cocijo, Lambityeco, Classique moyen.
Photo d’Ivanpares, prise en mai 2009. 

Références bibliographiques.

Michael Lind y Javier Urcid.
1995. La zona arqueológica de lambityeco.Lecturas Históricas del estado de Oaxaca, época prehispánica. INAH, México.
1983. « The lords of Lambytieco and their nearest neighbors ». In Notas mesoamericanas, número 9, Universidad de las Américas Puebla, San Andres Cholula, p.
2010. The lords of Lambityeco : political evolution in the Valley of Oaxaca during the Xoo phase. University of Colorado Press, Boulder.

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Etudiant-chercheur

Discussion

2 réflexions sur “Restauration d’un relief peint à Lambityeco

  1. Merci pour cet article très complet. L'effort de contextualisation est très appréciable!

    Publié par ChtiMarseillais | 9 mai 2010, 15 h 44 min
  2. Lambityeco n'est guère connu. Yagul ou San José Mogote encore moins. Pourtant tous ces sites sont concentrés sur une zone relativement restreinte. Ca te donnera peut-être des idées de visite en dehors de Oaxaca et Monte Alban.

    Publié par Cacalotl | 10 mai 2010, 20 h 37 min

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